Woman

Alex Israel : "Je crois au rêve américain"

by Jenny Mannerheim, France
31.05.2017
Connu pour ses paysages aux couleurs pastel, l’artiste de Los Angeles Alex Israel surfe sur une nouvelle vague.

Quels sont les projets qui vous occupent en ce moment ?

Alex Israel : Je viens de terminer la post-production sur mon premier long-métrage artistique, un teen surf drama intitulé SPF-18. Je travaille aussi sur des expositions qui auront lieu cet automne à New York, au Jewish Museum et au Whitney, et je boucle des projets de livres.

Pourquoi est-ce que votre symbole est un profil avec des lunettes de soleil ?

J’ai toujours vu les lunettes de soleil comme une sorte de symbole de Los Angeles, où je suis né, et où je vis et travaille. J’ai décidé de créer mes propres lunettes de soleil, et de les porter en permanence pour promouvoir ma marque, Freeway Eyewear. Mais depuis elles sont devenues une partie de moi. Elles sont très utiles quand je conduis, mais elles me permettent aussi de prendre un peu de distance en société, c’est pratique parce que je suis parfois un peu timide. Le logo a émergé à l’époque où je faisais mon talk-show, AS IT LAYS, en référence au profil d’Hitchcock qui apparaît au générique d’ouverture d’Alfred Hitchcock Presents. Je ne suis pas sûr que le logo soit devenu iconique, mais je pense que s’il a un certain écho, c’est certainement lié à la prédilection de notre culture pour l’autoportrait comme tendance dominante des réseaux sociaux : le selfie.

"Mon but est de créer de la beauté et de l'humour"

Votre travail gravite autour du thème de l’industrie du divertissement et des gens qui “fabriquent” le rêve américain. Pensez-vous que le bonheur et le succès puissent être manufacturés ?

Mon but à travers ce travail est de créer de la beauté et de l’humour. Et oui, je crois au rêve américain. J’espère que mes efforts inspireront les gens, où qu’ils soient dans le monde, à poursuivre leurs rêves ou à venir les poursuivre en Californie.

Votre show d’interview TV très warholien “AS iT LAYS” est devenu un classique dans le monde de l’art. Comment l'aventure a-t-elle commencé ? 

Le titre AS IT LAYS est une référence au roman Play It As It Lays de Joan Didion, dont l’écriture m’a beaucoup inspiré. Le roman de Didion parle d’une actrice qui fait son chemin à Hollywood. Je trouve que ces trois mots sonnent bien, et que l’impression qu’ils suscitent est très détendue, très terre à terre. J’aimais aussi que les premières lettres de LAYS soient LA. Et puis le nom de domaine www.asitlays.com était disponible quand j’ai eu l’idée de ce titre, donc c’était une raison de plus pour foncer.

"C'était extraordinaire de travailler avec Pamela Anderson"

Votre nouveau film “SPF-18” inclus d’énormes célébrités comme Pamela Anderson et Keanu Reeves. De quoi parle le film ?

C’est une histoire de passage à l’âge adulte, qui parle d’un groupe d’ados qui vivent ensemble, à Malibu, pendant l’été entre le lycée et l’université. Ils sont tous confrontés à des challenges, ils s’entraident pour les surmonter, et grandissent et trouvent leur propre voix au bout du compte. La créativité joue un rôle important dans leur développement. Travailler sur le film a été une expérience incroyable. J’ai beaucoup appris à travers ce processus, à chaque étape, depuis l’écriture jusqu’au tournage et au montage en passant par toutes les étapes intermédiaires. C’était extraordinaire de travailler avec Pam, elle est belle et drôle et généreuse.

Vous avez créé de nombreuses séries de ready-mades… Quel sens donnez-vous à ces pratiques ?

Quand j’étais étudiant, je voulais faire des sculptures sans avoir besoin de les stocker. Donc j’ai commencé à louer des accessoires de cinéma, que je devais rendre ensuite. Choisir les accessoires à louer était un peu comme choisir des acteurs pour un film, sauf que je choisissais des objets pour jouer le rôle de sculptures dans une galerie. Il se passait quelque chose de très curieux quand la magie de Hollywood, accumulée comme de la poussière d’étoile sur ces “acteurs” inanimés, était combinée à la magie de l’art, avec la notion de ready-made, c’est un moment clef de mon travail.

Est-ce que l’art est un divertissement ?

Non, l’art est quelque chose de complètement différent.

Vous avez créé pour Vilebrequin "The Perfect Wave", un maillot de bain avec un motif répété de vague. Aviez-vous envie de créer un produit best-seller ou plutôt de créer quelque chose qui reflète votre travail d’artiste ?

La vague est quelque chose que j’ai dessiné pour le film, dans lequel elle apparaît comme motif récurrent. C’est une vague, mais elle a aussi une apparence corporelle, comme une main, et fait ainsi référence à deux artistes que j’adore, Hokusai et Ken Price. La vague est graphique, et apparaît dans différents spectres de couleur dans le film, donc ça avait du sens de la transcrire en un imprimé multicolore. J’ai longtemps réfléchi autour des textiles, donc l’opportunité d’en créer un était, pour moi, une perspective excitante. Je voulais créer quelque chose qui reflète mon travail actuel, bien sûr, mais je voulais aussi faire quelque chose que j’aimerais porter, et que mes petits neveux pourraient porter aussi.

 

www.asitlays.com. "SPF 18" :
viaartfund.com/grants/alex-israel-spf-18-a-feature-length-film

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