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Louis Vuitton: la croisière s’amuse

En quelques saisons, les collections ressort - présentées en mai, disponibles en novembre - sont devenues de vrais terrains de jeu pour les designers. Des lignes hors norme, à l’excentricité assumée, qui représentent aujourd’hui une part majeure du chiffre d’affaires des maisons, faisant ainsi rimer créativité et rentabilité.
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En cette fin de printemps, des pluies diluviennes s’abattent sur la France. Le 28 mai, sur les hauteurs de Saint-Paul-de-Vence, dans les jardins de la Fondation Maeght, lieu choisi par Louis Vuitton pour présenter sa collection croisière, la pluie tombe, drue et froide. Quelques jours plus tôt, sur une piste des Grandes Écuries du Domaine de Chantilly, les cavalières de Dior, défilaient déjà sous des trombes d’eau. Dans les Alpes-Maritimes, l’heure du défilé approche pour Nicolas Ghesquière, directeur artistique de Louis Vuitton.

Toujours la moindre éclaircie à l’horizon. Les 600 invités du show prennent place sous les pins, parmi les sculptures du jardin, des œuvres signées Joan Miró, Alexander Calder, Anthony Caro ou encore Barbara Hepworth. Et, miracle! L’averse s’arrête, les mannequins apparaissent dans des silhouettes rétro-futuristes, sneakers-cuissardes aux pieds, fleurs enflammées dessinées sur le front par la maquilleuse Pat McGrath. La rumeur court: la maison aurait fait appel à un chamane amérindien pour conjurer la pluie. Ce dernier aurait déjà repoussé les nuages lors du défilé croisière Louis Vuitton 2017 à Rio, ainsi que pour le mariage du prince Harry et de Meghan Markle. Atmosphère surnaturelle pour ce défilé hypnotique. Soixante looks et autant de combinaisons excentriques, de mix and match d’imprimés, de prouesses de savoir-faire. Un fabuleux télescopage d’idées.

Un business globalisé
Seuls les plus gros joueurs de l’industrie – Chanel, Louis Vuitton, Dior, Gucci, Prada – peuvent se permettre de dépenser des sommes stratosphériques, hors calendrier traditionnel des Fashion Weeks, pour inviter la presse et les acheteurs internationaux et impressionner une clientèle de plus en plus volage. Un spectacle unique où ce qui compte, avant tout, est l’absence de contraintes imposées aux créateurs. Les collections croisière 2019 rivalisent de créativité, assument leur extravagance pour mieux s’affranchir de leur héritage commercial. En effet, cette collection de «demi-saison» ou «d’entre-saison» a pendant longtemps été une simple déclinaison commerciale de la collection principale, sans grand intérêt esthétique. Les choses changent au tournant des années 2000 quand la mode est devenue un business globalisé.

«La croisière est devenue un spectacle qui se doit d’être fantastique», indique Maria Grazia Chiuri, directrice artistique de Dior. Pour Nicolas Ghesquière, sa dernière collection est «une exploration de la notion d’excentricité».

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louisvuitton.com



Photographie COLLIER SCHORR pour LOUIS VUITTON
Design MARIE-AMÉLIE SAUVÉ pour LOUIS VUITTON

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