Fashion Week

Virginie Viard revisite les origines cisterciennes de CHANEL

Fidèle à la démarche introspective qu'elle mène depuis ses débuts en tant que Directrice Artistique de la Maison CHANEL, Virginie Viard raconte aujourd'hui un chapitre aussi sensible qu'essentiel de l'enfance de Gabrielle Chanel. Celui-là même qui installera les fondations de la Maison au double-C.
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“Finalement, il fait toujours beau à Paris.” Voici ce que l’on pouvait entendre ce matin, dans la nef du Grand Palais, quelques minutes avant le coup d’envoi du défilé CHANEL Haute Couture Printemps-Été 2020. Une stupéfaction nourrie par la beauté du tableau champêtre planté par la Maison CHANEL — composé de plantes sauvages et potagères, le décor fait écho au jardin du cloître de l’abbaye cistercienne d’Aubazine, lieu où Gabrielle Chanel passa une partie de son enfance lorsque son père, Albert Chanel, l’y déposa avec ses deux sœurs à la suite du décès de leur mère. Un lieu sacré riche en souvenirs, aussi douloureux qu’essentiel, clé de voûte du lexique stylistique de la créatrice. De ses sols pavés formant différents motifs tels que des étoiles, à ces vitraux géométriques, en passant par la rigueur des vêtements noirs et blancs des pensionnaires — tous ces éléments propres à l’abbaye se retrouvent en filigrane sur les silhouettes pensées par Virginie Viard et exécutées par les petites-mains de la Maison. On admire ainsi Gigi Hadid onduler dans une robe longue noire rehaussée d'une boutonnière, soulignée d'une ceinture strassée et d'un col Claudine blanc brodé de noir; on jubile devant Kaia Gerber défilant en toute légèreté dans une robe en dentelle aux épaules délicatement recouvertes d'organza noir; on scrute ces robes brodées des cercles entrelacés des vitraux de l’abbaye; on surprend quelques petites fleurs emprisonnées dans du tulle, tel un herbier. L'illustration sonore, signée Michel Gaubert, ne pouvait mieux illustrer ce moment de grâce offert par ces filles dont l’allure incroyable, quelque part entre élégance et nonchalance, allait de paire avec le tombé du tweed, le mouvement de la mousseline, l'éclat des paillettes brodées par la Maison Lesage. Puis vint le look ultime de la collection, la traditionnelle robe de mariée portée cette saison par le mannequin du moment Rebecca Longendyke — une robe courte en crêpe georgette, rehaussée d’un triple col Claudine et d’un voile brodé de branches de glycine. Une création épurée, audacieuse, ultra-moderne. Divine, comme le fut la lumière de Paris aujourd’hui.

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La collection CHANEL Haute Couture Printemps-Été 2020 vue depuis les ateliers 

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Photos fournies par CHANEL
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