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Le Bristol Paris - Hôtel du silence

Depuis son ouverture en 1925, le Bristol de Paris reste la demeure préférée de la haute société, parmi laquelle les stars du cinéma et les grands épicuriens de ce monde. Rita Hayworth, Josephine Baker, Charlie Chaplin, Robert De Niro et beaucoup d’autres ont fait de ce prestigieux hôtel de luxe leur chez-soi. Son histoire d’une richesse incomparable continue de s’écrire aujourd’hui alors qu’un vent nouveau souffle dans les couloirs de cette adresse légendaire.
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Cet élégant hôtel jouit d’un emplacement de choix depuis plus de 90 ans, à l’extrémité la plus calme de la rue du Faubourg-Saint-Honoré, idéalement situé à proximité du Palais de l’Élysée, des principales ambassades et des boutiques de luxe. C’est non seulement l’une des meilleures adresses de Paris, mais aussi l’un des hôtels les plus élégants et discrets de la capitale française. On l’appelle souvent «l’hôtel du silence» car ceux qui viennent y séjourner ne sont jamais à la recherche de l’attention du public. Enfin, à quelques exceptions près. Je me souviens encore de ma première visite au Bristol pour y prendre le petit-déjeuner alors que le footballeur David Beckham y séjournait pour toute la durée de son contrat de cinq mois avec le Paris Saint-Germain, le tout évidemment accompagné de force battage publicitaire. C’est généralement aussi le cas des fashionistas qui y font halte durant la semaine des défilés. Mis à part ces exceptions, le Bristol reste l’adresse de tous ceux qui apprécient la discrétion absolue. Il paraît même que lors des défilés Haute Couture, en janvier et juillet, les clientes se disputent les suites privées préférées – en toute discrétion, bien sûr. 

La façade et l’intérieur du Bristol respirent encore l’esprit Art Déco, même si, au cours des décennies, des changements stylistiques ont été réalisés pour adapter la bâtisse à l’air du temps. Le fondateur de l’hôtel, Hippolyte Jammet, naît d’une famille de restaurateurs. En 1978, la famille Oetker devient la propriétaire du plus luxueux de tous les hôtels palaces qui, depuis, fait partie de son illustre portefeuille, à côté d’établissements de renom tels que le Lanesborough à Londres, l’Hôtel du Cap-Eden-Roc à Antibes ou le Fregate Islande aux Seychelles. Le Bristol a été le premier établissement français à obtenir le titre de «Palace», distinc- tion source d’une grande fierté.  

Une splendeur réservée, que l’œil décèle à tous les niveaux, de la rue attrayante en comblanchien aux intérieurs de marbre, en passant par les fauteuils style Louis XVI, les miroirs dorés et les lustres étincelants. Mais la différence réside dans le détail: des tapisseries des Gobelins du XVIIIe siècle, des tissus de Canovas et Pierre Frey, du cristal de Baccarat, de la porcelaine de

 

Limoges, des escaliers dorés et un splendide ascenseur Art Déco – autant d’éléments qui contribuent à créer l’élégance de ce cadre. Il en résulte un sentiment d’intimité et de confort, propice à la détente et au plaisir. Le Bristol bourdonne dans un affairement discret mais néanmoins charmant, alors que Fa-Raon, le chat birman blanc de la maison, traite avec la même condescendance tous les invités, qu’il s’agisse de superstars ou non. 

 

Parmi les nombreuses célébrités qui sont descendues ici au fil des années, Josephine Baker a sans doute été la plus éblouissante. C’est au Bristol qu’elle célébra les 50 ans de sa carrière en 1975, avec des invités tels que la princesse Grace de Monaco, Sophia Loren, Alain Delon et Mick Jagger. Libérée de toute inhibition, la chanteuse née au Missouri, danseuse, actrice, militante des droits civiques, icône du divertissement et fière détentrice de la Légion d’Honneur, fit sensation partout où elle passa, ouvrant probablement la voie à des stars comme Tina Turner, Lena Horne, Rihanna ou Beyoncé. Josephine Baker, née Freda Josephine McDonald dans le dénuement et devenue l’une des artistes les plus célèbres des Folies Bergère. Même ceux qui ne possèdent qu’une petite idée de la culture pop connaissent sa fameuse jupe à bananes, inaugurée en 1927. 

Pour rendre hommage à l’esprit avant-gardiste de Josephine Baker, le Bristol lui a récemment dédié une suite – la Suite Josephine Baker. L’espace de 70 mètres carrés situé au septième étage laisse sans voix, l’imprenable vue sur la ville et la Tour Eiffel contribuant à la magie des lieux. Imaginée par MM-Design Architects, la Suite est réalisée dans des tons crème, bleu ciel, blanc, chêne clair et rose poudré tandis que les magnifiques tissus proviennent de Canovas, Frey et Loro Piana. 

La salle de bain est d’un luxueux marbre blanc tandis que les meubles de style Louis XVI sont réalisés en bois de rose et en chêne dans des tons chauds. Enfin, la bibliothèque contient des souvenirs de Josephine Baker, de nombreux livres sur la diva et quelques-uns de ses écrits personnels. 

 

L’idée de la Suite Josephine Baker trouve ses origines dans une inoubliable soirée, organisée à l’occasion de la première de la revue musicale de Josephine Baker au Théâtre Bobino de Montparnasse. En tant qu’habituée du Bristol, l’actrice réserva à titre privatif le splendide restaurant d’Hiver, un ancien théâtre autour duquel l’hôtel fut construit à l’origine, invitant 250 amis proches pour la célébration. Les invités purent déguster un dîner festif avec veau, homard, granité au champagne et un sublime gâteau de trois étages décoré d’arabesques. Les photos originales dédicacées de la soirée servent aujourd’hui de décoration à la Suite, de même que le légendaire portrait de George Hoyningen-Huene pour la couverture de la pochette de l’album «Le meilleur de Josephine Baker». Cette Suite est la première que l’hôtel a baptisée du nom d’une célébrité. Elle illustre la quête du Bristol pour rafraîchir son image, se jouant des contrastes, entre détails modernes et meubles anciens.

 

L’une des incroyables caractéristiques du Bristol est que toutes les suites diffèrent dans leurs équipements, leur taille ou leur forme. Afin de donner à chaque chambre une couleur dominante et une atmosphère unique, les intérieurs sont principalement dans des tons beige, crème ou pastel, entrecoupés de blanc ou rehaussés, pour le contraste, d’une couleur unie. Les murs sont lumineux et harmonieux, offrant ici un contraste élégant avec les motifs colorés des tapis et tissus. Les charmants bouquets sur du chintz, les arabesques sur les couvre-lits, les chaises tapissées de toile de Jouy, les damas géométriques sur les canapés rembourrés, les duvets en taffetas et les doubles rideaux en velours épais rendent chaque intérieur unique. Les lustres en cristal et les lampes recouvertes de soie ou de taffetas, enrobent les chambres d’une délicate lumière, renforçant encore plus l’impression de calme confidentiel. J’ai toujours pensé que l’élégance sophistiquée partout palpable au Bristol constituait sa vraie signature.

 

De petits détails soignés ici et là rappellent aux invités qu’ils sont ici chez eux. Cela devient particulièrement évident lorsque vous recevez la clé de la suite sur un élégant porteclés, conçu par le serrurier Jean-Arthur Fontaine lors de l’inauguration de l’hôtel en 1925, et gravé du nom du Bristol. Avec une clé du palace en mains, chaque séjour devient quelque chose de très personnel. En franchissant la porte tambour du Bristol, vous entrez dans un autre univers, un monde de tradition et de classe absolue, d’élégance et de confort suprême, de charme et de chic parisien comme nulle part ailleurs. Un de ces endroits où les moments inoubliables sont simplement loi. 

Trois raisons de quitter la suite: 

Piscine avec vue
La piscine au sixième étage du Bristol est la seule de Paris à ne pas contenir de chlore, et dispose d’une terrasse en plein air assortie d’une vue imprenable sur la ville. La piscine d’origine rappelle le pont avant d’un voilier des années 1920. A l’horizon, une fresque en trompe-l’œil représente le Cap d’Antibes avec la silhouette de l’Hôtel du Cap-Eden-Roc, un autre des joyaux de la couronne de la Collection Oetker. 

Spa urbain
Le spa offre l’assortiment complet de rigueur, avec soins La Prairie et Tata Harper. Ce dernier vient d’ailleurs régulièrement au Bristol pour le déjeuner. De nombreux habitués le confirmeront: pour le meilleur massage, demandez Peter. Le thérapeute star du spa utilise sa propre technique-fusion, et elle vous change tout simplement la vie.

 

Gatronomie
Les restaurants de l’hôtel brillent de leurs propres étoiles, de la Brasserie 114 Faubourg (1 étoile Michelin) à l’Épicure, le 3 étoiles d’Éric Fréchon. Pendant la journée, le passage au Café Antonia est incontournable. Avec l’un des menus les plus séduisants de Paris, il attire tout le beau monde de la ville. 

 

oetkercollection.com 

 

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