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«Giacometti, Basquiat, Warhol et mon père.»

Une interview avec l'artiste Vito Schnabel à propos de la scène artistique à St. Moritz
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L’histoire culturelle de vallée de l’Engadine est riche des nombreux artistes qui y ont travaillé et qui l’ont marquée de leur empreinte. Parmi eux: Julian Schnabel. Son fils, VITO SCHNABEL, marchand d’art à New York, a ouvert, en 2015, une galerie à Saint-Moritz. Impressions vécues et livrées dans la «plus belle vallée du monde».

L’OFFICIEL: Pour la saison d’hiver 2016–2017, quel est le programme de la Vito Schnabel Gallery?

Vito Schnabel: Notre première exposition de la saison, inaugurée le 28 décembre, sera dédiée aux tableaux les plus récents de Je Elrod. Bob Colacello, l’un des plus intimes collaborateurs d’Andy Warhol et directeur de la Factory pendant de longues années, sera ensuite commissaire d’une exposition collective. Le directeur de la publication du magazine «Interview», entre 1975 et 1983, c’était lui. Comme on peut s’y attendre, ce sont des œuvres picturales contemporaines, à la croisée des chemins entre abstraction et guration, et remettant justement en question la distinction communément opérée entre les deux que Bob nous présentera. Entre autres artistes, on pourra retrouver Jacqueline Humphries, Rashid John- son, Je Koons, Adam McEwen et Andy Warhol.

Vous avez ouvert votre galerie en décembre 2015. Quel bilan pouvez-vous dresser de ces premiers mois d’existence?

Cette première année avec la galerie a été particulièrement riche: nous l’avons inaugurée avec une exposition dédiée aux dernières créations d’Urs Fischer – dont en particulier un portrait/bougie de Bruno et Yoyo Bischof- berger. Il y eut ensuite une exposition de nouveaux «Plate Paintings» de Julian Schnabel puis, pour nir l’année, une présentation du travail de l’artiste Ron Gorchov. Nous avons par ailleurs procédé à l’installation et donc à la mise en scène deux sculptures «STOVE» de Sterling Ruby dans l’hôtel Kulm, juste en face de la galerie, de l’autre côté de la rue.

Quelle di érence entre votre travail de galeriste à New York et à Saint-Moritz?

L’histoire culturelle de vallée de l’Engadine est riche, et de nombreux artistes ayant travaillé dans la région l’ont marquée de leur empreinte. Parmi eux: Alberto Giacometti, Jean-Michel Basquiat, Andy Warhol et mon père. Pourvoir présenter les œuvres de certains de ces artistes dans ma galerie et en faire venir d’autres dans la région est une expérience tout à fait étonnante.

Justement, comment, les artistes réagissent-ils au fait que vous les exposiez à Saint-Moritz?

Les artistes que j’ai fait venir à Saint-Moritz ont tous, sans exception, trouvé la région absolument exceptionnelle. Elle est pleine de charme et magnifque.

Rencontre-vous de nouveaux clients à Saint-Moritz ou sont-ce plutôt des habitués en congé que vous retrouvez?

J’ai eu la chance de pouvoir rencontrer ici de nombreuses personnalités très proches du milieu de l’art, et qui m’ont accueilli à bras ouverts.

Travailler à Saint-Moritz, est-ce que ce n’est pas un peu compliqué? Trouvez-vous sur place les collaborateurs ou les spécialistes dont vous avez besoin?

Absolument. Nous n’avons pas eu le moindre problème à cet égard jusqu’à présent. Je trouve ici absolument tout ce qu’il me faut.

Est-ce facile de convaincre vos amis ou vos clients de monter?

Mes amis et mes clients sont nombreux à être ravis de se rendre à Saint-Moritz et ils sont systématiquement enthousiasmés par la station et par les paysages qu’ils découvrent.

Et vous, qu’est-ce que vous aimez, l’hiver, à Saint-Moritz?

Vivre à Saint-Moritz est formidable. En particulier, dans la mesure où cela me permet de rencontrer encore davantage d’artistes. Ce sont des artistes qu’il me serait impossible de rencontrer et des expositions aux- quelles je ne pourrais me rendre dans d’autres conditions.

Vos adresses préférées?

Mon hôtel préféré: Kulm Hotel. Mes restaurants favoris: Da Mulin et le Clavadatsch. 

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